La RE2020 signe la fin du chauffage gaz dans les logements collectifs neufs d’ici fin 2026. Pour les promoteurs et maîtres d’ouvrage, cette bascule impose de repenser entièrement la conception des installations électriques. Puissances à revoir, tableaux à redimensionner, colonnes montantes à anticiper : le lot électricité devient le lot stratégique de chaque opération. Voici ce qui change concrètement, et pourquoi les entreprises d’électricité générale comme S.M.D.E. se positionnent au coeur de cette transition.

Fin du gaz en collectif neuf : le calendrier et ses conséquences

Le gouvernement a confirmé l’interdiction des chaudières gaz dans toutes les constructions neuves, logement collectif inclus, pour les permis de construire déposés à partir de fin 2026. Jusqu’ici, la RE2020 avait déjà progressivement relevé les exigences sur les seuils carbone (Ic construction et Ic énergie), rendant le gaz de plus en plus difficile à justifier. Cette fois, c’est un verrou réglementaire.

Pour les promoteurs qui déposent encore des PC avec du gaz “au cas où”, le compte à rebours est lancé. Les projets dont le PC sera déposé après juillet 2026 devront intégrer des solutions 100 % électriques ou raccordées à un réseau de chaleur vertueux. Concrètement, la pompe à chaleur (PAC) individuelle ou collective devient la solution dominante en chauffage.

Ce basculement a un impact direct sur le dimensionnement électrique. Un logement collectif chauffé au gaz consommait typiquement 3 à 6 kVA sur le lot électrique. Avec une PAC individuelle et un ballon thermodynamique, on passe à 6 à 9 kVA par logement. Sur une résidence de 50 lots, la puissance appelée bondit de 40 à 60 %, ce qui change tout en amont.

Quels impacts concrets sur le lot électricité ?

Le premier impact touche les colonnes montantes et le raccordement au réseau. Enedis doit valider des puissances bien supérieures, ce qui peut nécessiter un renforcement du poste de transformation ou la création d’un nouveau point de livraison. Les délais de raccordement s’allongent, et les entreprises qui ne les anticipent pas dès la phase APS se retrouvent bloquées en fin de chantier.

Le deuxième impact concerne le tableau électrique de chaque logement. Avec l’ajout de circuits dédiés PAC, ballon thermodynamique, et parfois borne de recharge en sous-sol, le tableau passe de 2 à 4 rangées à 3 à 5 rangées minimum. Les protections différentielles doivent être repensées pour absorber les courants de démarrage des compresseurs.

Troisième impact, souvent sous-estimé : la ventilation. La VMC double flux, quasi obligatoire pour tenir les seuils Bbio en collectif, génère des réseaux électriques supplémentaires (alimentation, régulation, by-pass) qui viennent s’ajouter au lot. L’électricien n’est plus cantonné au courant fort classique : il devient l’intégrateur de systèmes.

Comment les électriciens B2B doivent-ils s’adapter ?

Pour une entreprise d’électricité générale intervenant en logement collectif neuf, trois axes de montée en compétences se dessinent.

Le premier concerne la maîtrise des systèmes PAC. Savoir raccorder une unité extérieure ne suffit plus. Il faut comprendre les contraintes acoustiques (réglementation bruit de voisinage), les distances d’implantation, et les exigences de mise en service spécifiques à chaque fabricant. Les certifications Qualifelec mention efficacité énergétique prennent ici tout leur sens.

Le deuxième axe porte sur la coordination avec le lot CVC. La frontière entre l’électricien et le chauffagiste devient floue quand le chauffage est une PAC électrique. Qui tire le câble d’alimentation ? Qui fait la mise en service ? Les marchés qui ne clarifient pas ces interfaces génèrent des litiges. Les entreprises les mieux organisées intègrent ces prestations dans leur offre globale.

Le troisième axe touche au pilotage énergétique. La RE2020 impose un seuil sur la consommation d’énergie non renouvelable (Cep,nr). Les solutions de gestion active de l’énergie (délestage intelligent, programmation horaire, sous-comptage) deviennent des éléments différenciants dans les réponses aux appels d’offres.

L’approche de S.M.D.E. sur les projets RE2020

Chez S.M.D.E., cette transition n’est pas une découverte. L’entreprise intervient depuis plus de 30 ans en logement collectif neuf dans le Var et la région PACA, avec une expertise couvrant le courant fort, le courant faible, la domotique et le photovoltaïque.

Sur les opérations récentes, S.M.D.E. a déjà intégré les contraintes RE2020 dès la phase d’étude : redimensionnement des colonnes, coordination renforcée avec les BET thermiques, anticipation des demandes Enedis. Cette approche globale permet aux promoteurs de sécuriser leurs délais et de maîtriser les coûts, plutôt que de subir des avenants en cours de chantier.

Les certifications Qualifelec, FFIE et RGE détenues par l’entreprise attestent de cette capacité à intervenir sur des projets complexes où l’électricité ne se résume plus à tirer des câbles, mais à garantir la performance énergétique globale du bâtiment.

Questions fréquentes

Quand le gaz sera-t-il interdit en logement collectif neuf ?

L’interdiction des chaudières gaz dans les constructions neuves, logement collectif compris, s’appliquera aux permis de construire déposés à partir de fin 2026. Les projets dont le PC est déjà déposé ne sont pas concernés.

La RE2020 impose-t-elle le tout-électrique en collectif ?

Pas strictement. La RE2020 impose des seuils carbone qui rendent le gaz très difficile à utiliser, mais d’autres solutions restent possibles : raccordement à un réseau de chaleur urbain, PAC hybride, ou poêle à granulés en appoint. Dans la pratique, la PAC électrique (individuelle ou collective) s’impose comme la solution dominante.

Quel impact sur la puissance électrique d’un logement collectif neuf ?

Le passage du gaz à la PAC augmente la puissance appelée de 40 à 60 % par logement. Sur une résidence de 50 lots, cela peut nécessiter un renforcement du poste de transformation et un redimensionnement complet des colonnes montantes.

Quelles certifications doit avoir un électricien pour les projets RE2020 ?

La certification Qualifelec (avec mention efficacité énergétique si possible), le label RGE pour les travaux liés à l’efficacité énergétique, et l’adhésion FFIE sont les principaux gages de compétence demandés par les promoteurs et maîtres d’ouvrage dans leurs consultations.

Comment anticiper les délais de raccordement Enedis en logement collectif ?

La demande de raccordement doit être envoyée le plus tôt possible, idéalement dès la phase APS. Avec la hausse des puissances liée à la fin du gaz, Enedis peut exiger des travaux de renforcement réseau dont le délai dépasse 12 mois. Les entreprises qui ne lancent pas cette démarche en amont risquent de décaler la livraison.

La fin du gaz en logement collectif neuf n’est pas une contrainte de plus : c’est un changement de paradigme qui place l’électricien au centre de la conception des bâtiments. Les entreprises capables de proposer une offre globale, de la colonne montante au pilotage énergétique, tireront leur épingle du jeu sur les marchés des prochaines années. Pour vos projets en région PACA, S.M.D.E. accompagne promoteurs et maîtres d’ouvrage dès la phase d’étude.